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Débuter son jardin en Permaculture

La permaculture n’est pas seulement une nouvelle façon de jardiner. Il s’agit d’une philosopie de vie ayant pour objectif de faire cohabiter humains, plantes et animaux dans un univers harmonieux et autosuffisant.

Les jardins de permaculture utilisent des techniques et des pratiques qui combinent le meilleur du jardinage faunique, de l’aménagement paysager comestible et de la culture de plantes indigènes dans un écosystème à faible entretien, parfaitement autonome et très productif. Découvrons l’essence même du jardinage en permaculture.

Pourquoi utiliser la Permaculture ?

La permaculture est un système de conception qui a vu le jour pendant la crise pétrolière des années 1970, en réaction à l’insécurité alimentaire et à la volonté d’autosuffisance. Combinant l’attitude et l’application pratique, il englobe tout, du recyclage, de la réutilisation et de la régénération, à la simple observation.

Lorsqu’on l’applique au jardinage, cela suggère non seulement que nous pouvons cultiver de la nourriture presque n’importe où - des arbustes fruitiers dans des pots de patio aux vignes sur des clôtures - mais que nous pouvons obtenir de meilleurs rendements avec moins d’efforts en imitant simplement la nature.

Contrairement à de nombreuses méthodes agricoles modernes, un système de culture naturelle maintient un cycle continu, les plantes mortes devenant un paillis pour une nouvelle croissance. La permaculture cherche à recréer ce cycle, en transformant les déchets alimentaires en compost de valeur et en remplaçant les granulés anti-limaces et les désherbants par des prédateurs naturels et une compétition naturelle. Selon le cofondateur Bill Mollison, il s’agit de travailler avec la nature, pas contre elle.

Les jardins en permaculture remplissent de nombreuses fonctions. Plutôt que de limiter le jardin à un seul usage, les jardins en permaculture utilisent une variété d’usages. Il peut ainsi fournir des cultures vivrières et médicinales, des habitats pour la faune, du matériel d’artisanat, une apparence attrayante et une atmosphère privée et relaxante tout au long de l’année.

Ces types de jardins produisent de la nourriture en utilisant une variété de légumes, d’herbes, de fruits et de fleurs. Les fleurs ne sont pas seulement cultivées pour leurs propriétés comestibles ou médicinales, mais aussi pour être utilisées comme fleurs coupées pour de beaux bouquets ou séchées pour une présentation plus durable, et de nombreux matériaux végétaux sont également utilisés pour l’artisanat.

Ces lieux accueillent volontiers la faune et sont souvent utilisés comme sanctuaires tranquilles pour la méditation et/ou l’exercice.

Qu’est-ce qu’un jardin en permaculture ?

Les jardins en permaculture sont autosuffisants. Certaines des méthodes de jardinage et de recyclage qui sont communes à la permaculture incluent :

  • Jardinage comestible et plantation de compagnons : Les pratiques de jardinage comestible sont courantes. Les légumes, les herbes, les fleurs comestibles, les petits arbres fruitiers et les plantes d’accompagnement sont généralement cultivés ensemble. Les plantes les plus proches sont celles qui sont utilisées régulièrement ou celles qui nécessitent un entretien plus important. Les serres peuvent être utilisées toute l’année pour la culture d’une variété de plantes.

  • Lits surélevés et techniques de jardinage vertical : Les jardins en permaculture sont généralement de très petite taille ; cependant, tous les espaces disponibles sont utilisés. Les plates-bandes surélevées sont un lieu commun avec un jardin de permaculture, rempli d’un assortiment de plantes. Les lits surélevés prennent peu de place, sont plus facilement accessibles, s’égouttent facilement et sont attrayants. Les pratiques de jardinage vertical sont souvent utilisées. Il s’agit notamment de faire pousser des plantes sur des treillis et dans des paniers suspendus.

  • Jardinage de trou de serrure :

    • Les modèles créatifs dans le jardin de permaculture définissent des bords et augmentent la productivité. L’une de ces conceptions inclut le jardin de trou de serrure. Non seulement c’est beau, mais c’est extrêmement productif. Il s’adapte facilement aux besoins spécifiques du jardinier. Les lits de ce jardin sont normalement en forme de fer à cheval et sont dimensionnés de façon à être facilement accessibles dans toutes les zones. Les lits peuvent être situés près de la maison pour un accès rapide ou le long d’un chemin bien fréquenté.

    • Il y a différentes façons de construire un jardin à trous de serrure. En général, les plates-bandes surélevées sont préférables et bien adaptées aux plantes vivaces, qui sont aussi couramment préférées. Étant donné que la plupart des plantes vivaces ont un système racinaire plus profond et peuvent donc puiser dans l’humidité et les minéraux dont elles ont besoin dans les profondeurs du sol, ces plantes n’ont pas besoin d’autant d’eau ou d’engrais que les autres plantes, comme les annuelles. De plus, les plantes vivaces sont généralement présentes toute l’année, offrant un abri à la faune.

    • Les jardins de trou de serrure peuvent également être conçus dans un cercle, avec le centre logeant une variété d’herbes et de vivaces. Le centre peut aussi comprendre un petit arbre ou un arbuste, et si l’espace le permet, un petit étang ou un autre élément aquatique peut être ajouté.

  • Paillage de feuilles : Le paillage de feuilles (comme le jardinage de lasagne) est une autre alternative, surtout pour les plantations annuelles. Plutôt que de labourer le sol, on applique une barrière contre les mauvaises herbes, comme du papier journal ou du carton humide, sur la zone. Celles-ci finiront par se décomposer avec le temps, ce qui permettra à l’eau et aux racines des plantes d’entrer dans le sol. Elle contribue également à enrichir le sol. Une autre couche de paille, ou tout autre paillis organique approprié, est ensuite déposée pour définir le chemin du trou de serrure. Sur ses bords extérieurs, une couche de compost et de terre est appliquée pour les plantations. Celle-ci sera ensuite recouverte de paille supplémentaire pour aider à retenir l’humidité.

  • Sol et compostage : Le sol est toujours important et un grand soin est apporté à cela dans un jardin de permaculture. Les vers sont essentiels dans les jardins de permaculture. Ils aident à garder le sol meuble et sain. Une bonne structure du sol se compose d’une grande population de vers de terre et d’un équilibre naturel d’insectes bénéfiques. Les tas de compost sont un autre élément important dans les jardins de permaculture. Tous les matériaux de fertilisation et de paillage sont produits dans le jardin de permaculture.

Observation

Observer et analyser votre site est un des éléments clés de la permaculture. Vous pourrez ainsi intégrer à votre plan les connexions entre les éléments essentiels de votre écosystème. Se développera alors des relations saines et des interactions harmonieuses entre ces éléments et aurez une meilleure compréhension de votre environnement. Par exemple, connaitre le cycle de l’eau, le cycle solaire, les vents dominants, le climat, les microclimats et les types de sols sur votre terrain permettra de mieux choisir vos supports de cultures et leurs emplacements, de même pour votre verger, vos animaux…

La permaculture n’est pas prescriptive et les méthodes devraient être appliquées à chaque jardin ou balcon individuellement.

Diversité

Un aspect clé de la conception de jardins en permaculture est la croissance d’une gamme diversifiée d’aliments avec des relations mutuellement bénéfiques. Les soucis, par exemple, éloignent les vers d’anguille des tomates avoisinantes, tandis que la livèche et le ciste sucré attirent les prédateurs naturels des pucerons.

  • Les plantes sont soigneusement choisies, souvent des variétés indigènes, dont nous ne consommons qu’une fraction. Celles qui conviennent le mieux aux conditions locales nécessitent moins d’entretien : un minimum d’intrants pour un gain maximum. Un mélange d’annuelles et de vivaces peut être agréable sur le plan esthétique tout en fournissant de la nourriture tout au long de l’année. Pensez à bien valoriser la diversité dans votre écosystème pour augmenter les interactions productives entre les êtres vivants. Vous créerez ainsi un système plus résilient.

  • Pratiquez donc des associations positives de plantes : Légumes, herbes, fleurs comestibles, petits arbres fruitiers et plantations d’ornement sont couramment cultivées ensembles. Ils interagissent de manière vertueuse : remontée d’eau de nutriments, microclimat…

  • Cultiver serré est appréciable, avec un maximum de diversité dans un minimum d’espace, en cultivant par exemple sur des buttes, ou des planches permanentes, qui prennent peu de place et sont facilement accessibles, ou encore à la verticale sur des treillis ou des paniers suspendus !

  • Pour vous économiser de l’énergie et du temps, notamment si vous débutez en jardinage, choisissez correctement votre support de culture afin qu’il soit réellement adapté à vos objectifs et votre contexte (humain, environnemental, climatique…). Vous éviterez ainsi bien des écueils et autres échecs dus à des supports de culture inadaptés.

Imitez la nature puisqu’il s’agit du modèle ultime de permaculture ! Prendre le temps de se connecter avec le monde naturel autour de votre maison ne pourra que vous être bénéfique. Cherchez des moyens de l’imiter en reproduisant, par exemple, une forêt comestible avec la couverture du sol, une strate arbustive, une couche d’arbres courts et une couche de grands arbres qui fonctionnent en symbiose. Avec une forêt comestible bien conçue, vous pouvez avoir un système qui se régénère et produit graines, noix, baies, fruits, fleurs, racines, herbes, légumes et plus encore ! Les jardins en permaculture laissent donc aussi une grande place aux espèces pérennes.

  • Idéalement, chaque élément de votre système devrait remplir plusieurs fonctions comme, en plus de vous fournir de la nourriture, nettoyer votre sol, le fertiliser. Des animaux peuvent manger vos déchets de cuisine et des insectes potentiellement nuisibles…

  • De même, chaque fonction doit être remplie par plusieurs éléments ! Par exemple, des fertilisants pour amender votre sol peuvent être fournis par vos animaux, votre compost, ainsi qu’une lombriculture (jus et terreau de lombricompost).

Enfin, récupérer, faire circuler et utiliser au mieux l’eau est essentiel dans un jardin en permaculture, elle doit être recyclée au maximum. Non seulement l’eau garde le sol et les plantes hydratés, mais elle attire également la faune. Par exemple, des barils de récupération d’eau de pluie sont souvent utilisés au niveau des descentes de gouttières. L’eau de pluie, chargée d’éléments nutritifs est particulièrement bonne pour le jardin. On peut donc imaginer qu’une eau ayant servi au bain des canards, infiltrée près des plantes-bandes de culture, puisse être une aubaine pour certains légumes.

Zonage

Il est bien utile de définir des zones d’activités qui vous faciliterons la vie et vous feront économiser de l’énergie. Dans un jardin en permaculture, il y a généralement cinq zones, la zone 1 étant celle où l’activité humaine est très fréquente, elle se situe au plus près de votre maison (potager, serre) et la zone 5 étant celle où l’activité humaine est quasi-inexistante, elle est la plus éloignée de votre habitation, (forêt, espaces laissés à l’état sauvage).

Lorsque vous planifiez votre parcelle, pensez donc ainsi :

  • Quelles plantes vais-je visiter le plus souvent ?

  • Lesquelles nécessiteront le plus d’entretien ?

Organisez votre jardin en conséquence afin de pouvoir récupérer les aliments mûrs en temps voulu sans en oublier au fond du Jardin !

Tenue des sols

Comme la permaculture est un modèle à faible impact, elle englobe une philosophie sans creusage. Sonnant plus comme un rêve devenu réalité que comme une méthode pratique, il est possible de changer ce qui pousse dans un espace sans retourner le sol. Le maître mot ici est paillis :

Cette méthode est la meilleure pour les pommes de terre, les choux et les courges. Après avoir détruit les mauvaises herbes, une couche de carton, de journaux ou de tapis en fibres naturelles tuera les mauvaises herbes en bloquant leur lumière. Un peu de paillis ou de compost sur le dessus fournit des nutriments pour les plantes et en perçant la couche de carton, vous aidez les nouvelles racines à atteindre le sol. Ajoutez ensuite du compost ou de la terre végétale avant d’arroser de la paille, ou de l’herbe coupée et des feuilles (souvent en surplus dans les conseils locaux).

  • Veillez à ne pas laisser le sol nu, utiliser donc toujours du « mulch » (ou paillage) pour garder l’humidité dans le sol. Ce mulch peut être vivant (espèces couvre sol, densité élevée de plantations), minéral (pierre, ardoise…), végétal (paillis, bois broyé, etc.), carton…

  • Prennez soin de votre sol en attirant les vers de terre qui sont essentiels dans un jardin en permaculture. Ils aident à garder le sol meuble et en bonne santé. Une bonne structure du sol se compose d’une grande population de vers de terre et d’insectes bénéfiques. Donc, n’utilisez pas de pesticides et autres fongicides chimiques qui détruiraient la vie de votre sol.

Faire son compost est un autre élément important dans un jardin en permaculture où rien ne doit jamais être perdu. Ainsi tous les matériaux pour la fertilisation et le paillage seront produits dans le jardin en permaculture : les déchets du jardin seront utilisés pour le compostage, qui à son tour, sera utilisé pour l’amendement du sol.

Avantages du Jardinage en Permaculture

Rien dans le jardin de permaculture ne devrait jamais être gaspillé. Les déchets de jardin sont utilisés pour le compostage, qui à son tour est utilisé pour l’amendement du sol et l’engrais.

L’eau est également un élément important dans les jardins de permaculture. Non seulement l’eau maintient le sol et les plantes hydratés, mais elle est aussi utilisée pour attirer la faune dans le jardin de permaculture. De nombreux jardins de permaculture appliquent même des pratiques de recyclage pour l’arrosage. Par exemple, les barils de pluie sont souvent utilisés pour recueillir l’eau de pluie provenant de la descente des gouttières. Cela permet non seulement d’économiser de l’eau, mais c’est particulièrement bon pour le jardin car l’eau de pluie est chargée d’éléments nutritifs.

Il n’y a pas besoin de pesticides dans un jardin de permaculture. Les plans d’eau encouragent souvent les insectes bénéfiques, les oiseaux, les grenouilles et d’autres petites créatures fauniques, et bon nombre d’entre eux se nourrissent d’insectes nuisibles dans le jardin de permaculture. Les plantations d’accompagnement aident aussi à réduire au minimum les problèmes d’insectes et d’autres ravageurs.

Les jardins de permaculture nécessitent moins d’entretien. Une fois qu’un jardin de permaculture s’est établi, vous ne faites rien d’autre que d’arroser et de récolter les récoltes ou d’ajouter occasionnellement du paillis.

La permaculture fait simplement référence à un jardin qui peut essentiellement prendre soin de lui-même. Chaque plante d’un jardin de permaculture a un but spécifique. Certains sont utilisés uniquement pour l’alimentation et d’autres pour la médecine. Certaines sont plantées pour attirer les insectes utiles, tandis que d’autres sont plantées pour dissuader les insectes nuisibles. Ensuite, il y a ceux qui sont strictement plantés pour améliorer le sol, et ceux qui ne font que rehausser la beauté du jardin de permaculture.

Il n’y a pas de meilleure façon de profiter et de profiter de tout ce que la nature a à offrir que dans un jardin en permaculture.